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Repères théoriques

Pour qui veut aller plus loin : d'où vient le Rêve Éveillé, et ce qui en fait une technique psychanalytique à part entière.

Cette page est technique. Si vous cherchez simplement à savoir comment se déroule une séance et si cette approche peut vous convenir, la page La psychanalyse Rêve Éveillé y répond plus directement.

D'où vient le Rêve Éveillé

Le rêve éveillé, état intermédiaire et nuancé entre l'état de veille et l'état de sommeil, entre le « physiologique » et le « psychique », est par essence le reflet de ce réservoir inépuisable où le sujet a accumulé, depuis sa naissance, ses angoisses, ses craintes, ses désirs, ses expériences, lesquels demeurent, en tout état de cause et face au monde extérieur, les facteurs déterminants de son comportement.

Vue plongeante sur un escalier de pierre en colimaçon, dont la rampe en fer forgé dessine une spirale autour d'un lustre.

⚠ Image provisoire, à remplacer avant la mise en ligne : photo d'un tiers, filigrane « ©Adorioz » visible sur l'original

Né en 1890, Robert Desoille s'adonne à la psychanalyse en parallèle de son métier d'ingénieur, publiant articles et ouvrages. Il s'intéresse particulièrement aux images de mouvement dans l'imaginaire pour résoudre les conflits intrapsychiques. En 1938, les bases théoriques et méthodologiques de sa nouvelle technique sont présentées dans Exploration de l'affectivité subconsciente par la méthode du rêve éveillé.

À partir des années 1980, Nicole Fabre et Jean-Marc Henriot confèrent au Rêve Éveillé les éléments qui en font une technique psychanalytique à part entière. Ils posent d'abord les éléments du cadre, qui font du Rêve Éveillé le « pivot de la cure », un troisième pôle essentiel pour détourner les projections ambivalentes de la relation thérapeutique. Ils travaillent ensuite sur l'interprétation métaphorique, qui lie patient et analyste dans une relation d'équivalence fructueuse.

Le transfert

Le Rêve Éveillé est le pivot de la cure. Effectué toutes les trois séances, il permet de résoudre une difficulté propre à la psychanalyse classique, où l'analyste est le support unique du transfert positif (nécessaire pour restaurer des imagos de base positives) et du transfert négatif (indispensable pour que puissent s'exprimer la violence pulsionnelle et l'ampleur des blessures).

Quand ces deux aspects contradictoires se déposent sur lui seul, le thérapeute doit simultanément préserver le lien et permettre le vécu comme l'interprétation du rejet violent de ce lien. La situation est difficilement gérable : les cures classiques sont longues, peinent à se terminer, ou bien n'évacuent pas le négatif.

Le Rêve Éveillé, lui, introduit une tiercéité (le terme est d'André Green) entre le patient et l'analyste. Troisième pôle de la relation thérapeutique, le rêve dévie une partie du transfert, qui peut ainsi se projeter positivement sur l'analyste et négativement sur le rêve, ou l'inverse. Le lien thérapeutique est préservé, et le négatif peut malgré tout s'exprimer.

Reviviscence et réparation

Le Rêve Éveillé favorise la reviviscence du trauma par son vécu quasi hallucinatoire, grâce à l'activation des trois « passe-frontières » que sont les images, les émotions et les vécus corporels, d'où un ressenti puissant. Au fil des rêves, le patient descend plus profondément vers ses émotions originelles, qu'il peut narrer et rejouer sans être effracté, puisque tout s'exprime symboliquement, par le biais des images.

Liés par une relation d'équivalence, patient et thérapeute travaillent ensemble à donner du sens aux contenus du rêve au cours des deux séances suivantes, en conscientisant les images. L'analyste n'intervient que pour guider : il évite les interprétations brillantes, qu'il cherche plutôt à faire trouver par son patient, pour une plus grande appropriation de ce qui veut se dire en lui.

Les traumatismes sont rejoués symboliquement dans le Rêve Éveillé. Grâce à cette relation d'équivalence, ils peuvent se résoudre positivement et libérer le patient de la compulsion de répétition. La cure en Rêve Éveillé est ainsi plus courte qu'une cure classique, parce que les résistances y sont abaissées.